a-contre-temps

J’avoue que toujours la vie me surprend. J’ai eu un prof, une dame très sage, qui disait toujours: “La route tourne”. Et c’est vrai. La route tourne, en dépit de la Terre, de son mouvement, en dépit de nos pas, c’est toujours la route qui tourne. À contre-temps.

Coquelicots en forme

Coquelicots en forme

Qu’est-ce que je peux dire à propos des coquelicots? Qu’ils sont rouges? Qu’ils sont beaux? Qu’il s’agit de la nature?

Moi, je préfère dire qu’ils sont une belle représentation de la vie telle qu’elle est.

…Me voici de nouveau!

Cette chanson est très importante dans mon histoire. Je l’ai écoutée cet après-midi dans un magasin, et beaucoup de choses me sont revenues en tête. Il y a tout un chemin parcouru, qui ne peut jamais être effacé. Même si je le veux beaucoup, je ne peux pas le faire…

What have I done to deserve this?

Pet Shop Boys

(lowe/willis/tennant)
————————————
You always wanted a lover
I only wanted a job
I’ve always worked for my living
How am I gonna get through?
How am I gonna get through?

I come here looking for money
(got to have it)
And end up living with love, oh, oh
Now you left me with nothing
(can’t take it)
How am I gonna get through?
How am I gonna get through?

I bought you drinks, I brought you flowers
I read you books and talked for hours
Every day, so many drinks
Such pretty flowers, so tell me
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
What have I, What have I, What have I…

Since you went away I’ve been hanging around
I’ve been wondering why I’m feeling down
You went away, it should make me feel better
But I don’t know, oh
How I’m gonna get through?
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
How I’m gonna get through?
What have I, What have I, What have I done to deserve this?

You always wanted me to be something I wasn’t
You always wanted too much, oh, oh
Now I can do what I want to – forever
How am I gonna get through?
How am I gonna get through?

At night, the people come and go
They talk too fast, and walk too slow
Chasing time from hour to hour
I pour the drinks and crush the flowers
What have I, What have I done to deserve this?
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
What have I, What have I, What have I…

Since you went away I’ve been hanging around
I’ve been wondering why I’m feeling down
You went away, it should make me feel better
But I don’t know, oh
How I’m gonna get through? (baby)
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
How I’m gonna get through? (baby)
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
How I’m gonna get through? (baby)
What have I,What have I, What have I done to deserve this?
How I’m gonna get through? (tell me)
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
How I’m gonna get through? (baby)
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
How I’m gonna get through? (yeah)
What have I, What have I, What have I done to deserve this?

Gonna get through?
Gonna get through?
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
I’m gonna get through, right?
What have I, What have I, What have I done to deserve this?

We don’t have to fall apart, we don’t have to fight
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
We don’t need to go to hell and back every night
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
You never ever left me, baby, think of me…
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
Oh, babe
What have I, What have I, What have I done to deserve this?

We don’t have to fall apart, we don’t have to fight
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
We don’t need to go to hell and back every night
What have I, What have I, What have I done to deserve this?

Gonna get through, baby, I’m gonna get
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
Forever
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
Gonna get through, baby, yeah,
What have I, What have I, What have I done to deserve this?
Gonna get through, get through, baby, ooh
What have I, What have I, What have I done to deserve this?

aatget5_prostituee_lavillete_rueasselin_1921

…C’est la vie-même, avec toutes ses questions non résolues.

Moi, je pense qu’il me faut accepter les choses telles qu’elles sont. J’ai déjà voulu tout changer, mais maintenant je vois que c’est inutile, parfois…

Alors, tout ce qui me reste c’est de suivre mon chemin. Debout. Au fond, toujours seule…

Photo: “Prostituée”, Eugène Atget

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…Pour toi, Nazareth…

Maintenant, tu sais bien ce qui est la liberté…

…Que maintenant ça marchera.
Il me semblait très difficile, mais en fait ce n’est point.

 

Voici le Christ Rédempteur, à Rio de Janeiro, Brésil.

Voici le Christ Rédempteur, à Rio de Janeiro, Brésil.

 

…Qu’est-ce que c’est? 

Je contemple ce moment-ci. Je pense à la situation déplorable des travailleurs partout, et je pense qu’ici, chez moi, disons, dans mon pays, les choses vont mal, bien sûr, mais peut-être pas trop… Un détail: j’habite au Brésil.

Hermès Andros, découvert à Paléopoli, Grèce, en 1832 - Ouvre de Praxiteles

Hermès Andros, découvert à Paléopoli, Grèce, en 1832 - Ouvre de Praxiteles

…Tout dans cette vie a une raison. Je t’associe à un Hermès en chair et os que je connais… Tu seras lui…

artemis_gabii_louvre_ma529_n1-1Je vais écrire en Portugais ce que j’ai entendu dans mon rêve (c’était fou, je me suis réveillée éclatant de rire!). C’était Jô Soares, vêtu en ange fou, qui disait cyniquement: “Eu tenho que entrar pelos caminhos ferrados de ‘eu mesmo’.” Après, j’ai entendu ce drôle de mot: “feliciline-se”. C’est vraiment fou!

Passer, gonflant ses voiles, 
Un rapide navire enveloppé de vents, 
De vagues et d’étoiles; 

Et j’entendis, penché sur l’abîme des cieux 
Que l’autre abîme touche, 
Me parler à l’oreille une voix dont mes yeux 
Ne voyaient pas la bouche: 

-Poëte, tu fais bien! Poëte au triste front, 
Tu rêves près des ondes, 
Et tu tires des mers bien des choses qui sont 
Sous les vagues profondes! 

La mer, c’est le Seigneur, que, misère ou bonheur, 
Tout destin montre et nomme; 
Le vent, c’est le Seigneur; l’astre, c’est le Seigneur; 
Le navire, c’est l’homme.- 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre Premier - AUTREFOIS (1830-1843) -, Poème liminaire introducteur du recueil.

“Alors, brigand, je vins; je m’écriai: Pourquoi 
Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière? 
Et sur l’Académie, aïeule et douairière, 
Cachant sous ses jupons les tropes effarés, 
Et sur les bataillons d’alexandrins carrés, 
Je fis souffler un vent révolutionnaire. 
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire. 
Plus de mot sénateur! plus de mot roturier! 
Je fis une tempête au fond de l’encrier, 
Et je mêlai, parmi les ombres débordées, 
Au peuple noir des mots l’essaim blanc des idées; 
Et je dis: Pas de mot où l’idée au vol pur 
Ne puisse se poser, tout humide d’azur! 
Discours affreux! — Syllepse, hypallage, litote, 
Frémirent; je montai sur la borne Aristote, 
Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs. 
Tous les envahisseurs et tous les ravageurs, 
Tous ces tigres, les Huns les Scythes et les Daces, 
N’étaient que des toutous auprès de mes audaces; 
Je bondis hors du cercle et brisai le compas. 
Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas?

V. Hugo, Les Contemplations,  Livre I, Poème VII

Le poëte s’en va dans les champs; il admire, 
Il adore, il écoute en lui-même une lyre; 
Et, le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs, 
Celles qui des rubis font pâlir les couleurs, 
Celles qui des paons même éclipseraient les queues, 
Les petites fleurs d’or, les petites fleurs bleues, 
Prennent, pour l’accueillir agitant leurs bouquets, 
De petits airs penchés ou de grands airs coquets, 
Et, familièrement, car cela sied aux belles: 
-Tiens! c’est notre amoureux qui passe!- disent-elles. 
Et, pleins de jour et d’ombre et de confuses voix, 
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois, 
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables, 
Les saules tout ridés, les chênes vénérables, 
L’orme au branchage noir, de mousse appesanti, 
Comme les ulémas quand paraît le muphti, 
Lui font de grands saluts et courbent jusqu’à terre 
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre, 
Contemplent de son front la sereine lueur, 
Et murmurent tout bas: C’est lui! c’est le rêveur!

V. Hugo, Les Contemplations, Livre I, Poème II

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Je ne songeais pas à Rose; 
Rose au bois vint avec moi; 
Nous parlions de quelque chose, 
Mais je ne sais plus de quoi. 

J’étais froid comme les marbres; 
Je marchais à pas distraits; 
Je parlais des fleurs, des arbres; 
Son oeil semblait dire: -Après?- 

La rosée offrait ses perles, 
Les taillis ses parasols; 
J’allais; j’écoutais les merles, 
Et Rose les rossignols. 

Moi, seize ans, et l’air morose; 
Elle vingt; ses yeux brillaient. 
Les rossignols chantaient Rose 
Et les merles me sifflaient. 

Rose, droite sur ses hanches, 
Leva son beau bras tremblant 
Pour prendre une mûre aux branches; 
Je ne vis pas son bras blanc. 

Une eau courait, fraîche et creuse 
Sur les mousses de velours; 
Et la nature amoureuse 
Dormait dans les grands bois sourds. 

Rose défit sa chaussure, 
Et mit, d’un air ingénu, 
Son petit pied dans l’eau pure; 
Je ne vis pas son pied nu. 

Je ne savais que lui dire; 
Je la suivais dans le bois, 
La voyant parfois sourire 
Et soupirer quelquefois. 

Je ne vis qu’elle était belle 
Qu’en sortant des grands bois sourds. 
-Soit; n’y pensons plus!- dit-elle. 
Depuis, j’y pense toujours.

 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre I, Poème XIX

Elle était déchaussée, elle était décoiffée, 
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants; 
Moi qui passais par là, je crus voir une fée, 
Et je lui dis: Veux-tu t’en venir dans les champs? 

Elle me regarda de ce regard suprême 
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, 
Et je lui dis: Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, 
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds? 

Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive; 
Elle me regarda pour la seconde fois, 
Et la belle folâtre alors devint pensive. 
Oh! comme les oiseaux chantaient au fond des bois! 

Comme l’eau caressait doucement le rivage! 
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts, 
La belle fille heureuse, effarée et sauvage, 
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers. 

 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre 1, Poème XXI

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L’étang mystérieux, suaire aux blanches moires, 
Frissonne; au fond du bois, la clairière apparaît; 
Les arbres sont profonds et les branches sont noires; 
Avez-vous vu Vénus à travers la forêt? 

Avez-vous vu Vénus au sommet des collines? 
Vous qui passez dans l’ombre, êtes-vous des amants? 
Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines; 
L’herbe s’éveille et parle aux sépulcres dormants. 

Que dit-il, le brin d’herbe? et que répond la tombe? 
Aimez, vous qui vivez! on a froid sous les ifs. 
Lèvre, cherche la bouche! aimez-vous! la nuit tombe; 
Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs. 

Dieu veut qu’on ait aimé. Vivez! faites envie, 
O couples qui passez sous le vert coudrier. 
Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie, 
On emporta d’amour, on l’emploie à prier. 

Les mortes d’aujourd’hui furent jadis les belles. 
Le ver luisant dans l’ombre erre avec son flambeau. 
Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles, 
Le brin d’herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau. 

La forme d’un toit noir dessine une chaumière; 
On entend dans les prés le pas lourd du faucheur; 
L’étoile aux cieux, ainsi qu’une fleur de lumière, 
Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur. 

Aimez-vous! c’est le mois où les fraises sont mûres. 
L’ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents, 
Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures, 
Les prières des morts aux baisers des vivants. 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre II – L’Âme en Fleur -, Poème XXVI

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Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit? 
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit? 
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules? 
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules; 
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement 
Dans la même prison le même mouvement. 
Accroupis sous les dents d’une machine sombre, 
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre, 
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer, 
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer. 
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue. 
Aussi quelle pâleur! la cendre est sur leur joue. 
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las. 
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas! 
Ils semblent dire à Dieu: -Petits comme nous sommes, 
-Notre père, voyez ce que nous font les hommes!- 
O servitude infâme imposée à l’enfant! 
Rachitisme! travail dont le souffle étouffant 
Défait ce qu’a fait Dieu: qui tue, oeuvre insensée, 
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée, 
Et qui ferait — c’est là son fruit le plus certain – 
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin! 
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre, 
Qui produit la richesse en créant la misère, 
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil! 
Progrès dont on demande: -Où va-t-il? Que veut-il?- 
Qui brise la jeunesse en fleur! qui donne, en somme, 
Une âme à la machine et la retire à l’homme! 
Que ce travail, haï des mères, soit maudit! 
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit, 
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème! 
O Dieu! qu’il soit maudit au nom du travail même, 
Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux, 
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux! 

 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre III – Les Luttes et les Rêves -, Extrait du Poème II

J’aime l’araignée et j’aime l’ortie, 
Parce qu’on les hait; 
Et que rien n’exauce et que tout châtie 
Leur morne souhait; 

Parce qu’elles sont maudites, chétives, 
Noirs êtres rampants; 
Parce qu’elles sont les tristes captives 
De leur guet-apens; 

Parce qu’elles sont prises dans leur oeuvre; 
O sort! fatals noeuds! 
Parce que l’ortie est une couleuvre, 
L’araignée un gueux; 

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes, 
Parce qu’on les fuit, 
Parce qu’elles sont toutes deux victimes 
De la sombre nuit. 

Passants, faites grâce à la plante obscure, 
Au pauvre animal. 
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre, 
Oh! plaignez le mal! 

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie; 
Tout veut un baiser. 
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie 
De les écraser, 

Pour peu qu’on leur jette un oeil moins superbe, 
Tout bas, loin du jour, 
La vilaine bête et la mauvaise herbe 
Murmurent: Amour! 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre III, Poème XXVII

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Oh! je fus comme fou dans le premier moment, 
Hélas! et je pleurai trois jours amèrement. 
Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance, 
Pères, mères, dont l’âme a souffert ma souffrance, 
Tout ce que j’éprouvais, l’avez-vous éprouvé? 
Je voulais me briser le front sur le pavé; 
Puis je me révoltais, et, par moments, terrible, 
Je fixais mes regards sur cette chose horrible, 
Et je n’y croyais pas, et je m’écriais : Non! 
– Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom 
Qui font que dans le coeur le désespoir se lève? – 
Il me semblait que tout n’était qu’un affreux rêve, 
Qu’elle ne pouvait pas m’avoir ainsi quitté, 
Que je l’entendais rire en la chambre à côté, 
Que c’était impossible enfin qu’elle fût morte, 
Et que j’allais la voir entrer par cette porte! 

Oh! que de fois j’ai dit : Silence! elle a parlé! 
Tenez! voici le bruit de sa main sur la clé! 
Attendez! elle vient! laissez-moi, que j’écoute! 
Car elle est quelque part dans la maison sans doute! 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre Quatrième – Pauca Mae -, Poème IV

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, 
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. 
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. 
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. 

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, 
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, 
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, 
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. 

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, 
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, 
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe 
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre IV, Poème XIV

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent. 
Je cognai sur ma vitre; il s’arrêta devant 
Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile. 
Les ânes revenaient du marché de la ville, 
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts. 
C’était le vieux qui vit dans une niche au bas 
De la montée, et rêve, attendant, solitaire, 
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre, 
Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu. 
Je lui criai: -Venez vous réchauffer un peu. 
-Comment vous nommez-vous?- Il me dit: -Je me nomme 
-Le pauvre.- Je lui pris la main: -Entrez, brave homme.- 
Et je lui fis donner une jatte de lait. 
Le vieillard grelottait de froid; il me parlait, 
Et je lui répondais, pensif et sans l’entendre. 
-Vos habits sont mouillés,- dis-je, -il faut les étendre 
-Devant la cheminée.- Il s’approcha du feu. 
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu, 
Étalé largement sur la chaude fournaise, 
Piqué de mille trous par la lueur de braise, 
Couvrait l’âtre, et semblait un ciel noir étoilé. 
Et, pendant qu’il séchait ce haillon désolé 
D’où ruisselait la pluie et l’eau des fondrières, 
Je songeais que cet homme était plein de prières, 
Et je regardais, sourd à ce que nous disions, 
Sa bure où je voyais des constellations. 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre Cinquième – En Marche-, Poème IX

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants. 
Notre mère disait: -Jouez, mais je défends 
-Qu’on marche dans les fleurs et qu’on monte aux échelles.- 

Abel était l’aîné, j’étais le plus petit. 
Nous mangions notre pain de si bon appétit, 
Que les femmes riaient quand nous passions près d’elles. 

Nous montions pour jouer au grenier du couvent. 
Et, là, tout en jouant, nous regardions souvent, 
Sur le haut d’une armoire, un livre inaccessible. 

Nous grimpâmes un jour jusqu’à ce livre noir; 
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l’avoir, 
Mais je me souviens bien que c’était une Bible. 

Ce vieux livre sentait une odeur d’encensoir. 
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir; 
Des estampes partout! quel bonheur! quel délire! 

Nous l’ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux, 
Et, dès le premier mot, il nous parut si doux, 
Qu’oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire. 

Nous lûmes tous les trois ainsi tout le matin, 
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain, 
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes. 

Tels des enfants, s’ils ont pris un oiseau des cieux, 
S’appellent en riant et s’étonnent, joyeux, 
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes. 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre V, Poème X

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Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau, 
Que mes tâches sont terminées; 
Maintenant que voici que je touche au tombeau 
Par les deuils et par les années, 

Et qu’au fond de ce ciel que mon essor rêva, 
Je vois fuir, vers l’ombre entraînées, 
Comme le tourbillon du passé qui s’en va, 
Tant de belles heures sonnées; 

Maintenant que je dis: — Un jour, nous triomphons; 
Le lendemain, tout est mensonge! – 
Je suis triste, et je marche au bord des flots profonds, 
Courbé comme celui qui songe. 

Je regarde, au-dessus du mont et du vallon, 
Et des mers sans fin remuées, 
S’envoler sous le bec du vautour aquilon, 
Toute la toison des nuées; 

J’entends le vent dans l’air, la mer sur le récif, 
L’homme liant la gerbe mûre; 
J’écoute, et je confronte en mon esprit pensif 
Ce qui parle à ce qui murmure; 

Et je reste parfois couché sans me lever 
Sur l’herbe rare de la dune. 
Jusqu’à l’heure où l’on voit apparaître et rêver 
Les yeux sinistres de la lune. 

Elle monte, elle jette un long rayon dormant 
A l’espace, au mystère, au gouffre; 
Et nous nous regardons tous les deux fixement, 
Elle qui brille et moi qui souffre. 

Où donc s’en sont allés mes jours évanouis? 
Est-il quelqu’un qui me connaisse? 
Ai-je encor quelque chose en mes yeux éblouis, 
De la clarté de ma jeunesse? 

Tout s’est-il envolé? Je suis seul, je suis las; 
J’appelle sans qu’on me réponde; 
O vents! ô flots! ne suis-je aussi qu’un souffle, hélas! 
Hélas! ne suis-je aussi qu’une onde? 

Ne verrai-je plus rien de tout ce que j’aimais? 
Au dedans de moi le soir tombe. 
O terre, dont la brume efface les sommets, 
Suis-je le spectre, et toi la tombe? 

Ai-je donc vidé tout, vie, amour, joie, espoir? 
J’attends, je demande, j’implore; 
Je penche tour à tour mes urnes pour avoir 
De chacune une goutte encore! 

Comme le souvenir est voisin du remord! 
Comme à pleurer tout nous ramène! 
Et que je te sens froide en te touchant, ô mort, 
Noir verrou de la porte humaine! 

Et je pense, écoutant gémir le vent amer, 
Et l’onde aux plis infranchissables; 
L’été rit, et l’on voit sur le bord de la mer 
Fleurir le chardon bleu des sables. 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre V, Poème XIII

Ne dites pas: mourir; dites: naître. Croyez. 
On voit ce que je vois et ce que vous voyez; 
On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes; 
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes; 
On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil, 
La sombre égalité du mal et du cercueil; 
Quoique le plus petit vaille le plus prospère; 
Car tous les hommes sont les fils du même père; 
Ils sont la même larme et sortent du même oeil. 
On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil; 
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe, 
On monte. Quelle est donc cette aube? C’est la tombe. 
Où suis-je? Dans la mort. Viens! Un vent inconnu 
Vous jette au seuil des cieux. On tremble; on se voit nu, 
Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres 
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres; 
Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini 
Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni, 
Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante 
L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. 
On arrive homme, deuil, glaçon, neige; on se sent 
Fondre et vivre; et, d’extase et d’azur d’emplissant, 
Tout notre être frémit de la défaite étrange 
Du monstre qui devient dans la lumière un ange. 

V. Hugo, Les Contemplations, Livre Sixième – Au bord de l’infini -, Poème XXII

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Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange
Ce drap glacé qui fait des plis sur ton front d’ange,
Ouvre tes mains, et prends ce livre: il est à toi.

Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi
Ce livre qui contient le spectre de ma vie,
Mes angoisses, mon aube, hélas! de pleurs suivie
L’ombre et son ouragan, la rose et son pistil,
Ce livre azuré, triste, orageux, d’où sort-il?
D’où sort le blême éclair qui déchire la brume?
Depuis quatre ans, j’habite un tourbillon d’écume;
Ce livre en a jailli. Dieu dictait, j’écrivais;
Car je suis paille au vent: Va! dit l’esprit. Je vais.
Et, quand j’eus terminé ces pages, quand ce livre
Se mit à palpiter, à respirer, à vivre,
Une église des champs que le lierre verdit,
Dont la tour sonne l’heure à mon néant, m’a dit:
Ton cantique est fini; donne-le-moi, poëte.
Je le réclame, a dit la forêt inquiète;
Et le doux pré fleuri m’a dit: Donne-le-moi.
La mer, en le voyant frémir, m’a dit: Pourquoi
Ne pas me le jeter, puisque c’est une voile!
C’est à mois qu’appartient cette hymne, a dit l’étoile.
Donne-le-nous, songeur, ont crié les grands vents.
El les oiseaux m’ont dit: Vas-tu pas aux vivants
Offrir ce livre, éclos si loin de leurs querelles?
Laisse-nous l’emporter dans nos nids sur nos ailes!
Mais le vent n’aura point mon livre, ô cieux profonds!
Ni la sauvage mer, livrée aux noirs typhons,
Ouvrant et refermant ses flots, âpres embûches;
Ni la verte forêt qu’emplit un bruit de ruches,
Ni l’église où le temps fait tourner son compas;
Le pré ne l’aura pas, l’astre ne l’aura pas,
L’oiseau ne l’aura pas, qu’il soit aigle ou colombe,
Les nids ne l’auront pas; je le donne à la tombe.

V. Hugo, Les Contemplations, Livre VI, Extrait du Poème terminal

Thème

C’est le journal d’une destinée. Le recueil est divisé en deux parties égales de 3 livres, la première, “Autrefois”, et la seconde, “Aujourd’hui”.

 

Les femmes chez Victor Hugo
Plusieurs femmes ont partagé la vie de Victor Hugo, telles que sa femme, Adèle Foucher (1803-1868), Juliette Drouet (1833), son épouse mystique et Léonie d’Aunet (Thérèse de Blaru), une femme de lettres mariée. S’y ajoutent ses 2 filles, Léopoldine (1824-1843), l’aînée très attachée à son père, et Adèle (1831), la cadette, qui épousera un écrivain, très attachée à sa mère. Si noble dame peut qualifier Léonie, d’autres appellations sont moins explicites. 


La mort de Léopoldine 
Le 4 septembre 1843, Léopoldine se noie avec son mari, Charles, en faisant du bateau sur la Seine à Villequier. Victor Hugo ne l’apprend que le 9, il est en Espagne avec Juliette. Il ne se rendra sur sa tombe que 3 ans plus tard en 1846. Si depuis ces quatre ans, pauvre cœur sans flambeau / Je ne suis pas allé prier sur son tombeau


Le dernier poème des Contemplations
“À celle qui est restée en France”, dernier poème des Contemplations, résume l’ensemble de l’ouvrage. J’ai marché au milieu des tombeaux .

 

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1) Les voyages de jeunesse (1802-1821)

Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802. Il est le troisième fils de Leopold et Sophie Hugo. Son père, qui deviendra général de Napoléon en 1809, entraîne toute la famille sur les routes de France et d’Europe. Deux ans après, Sophie Hugo vient rejoindre son mari à Madrid avec ses trois enfants. Elle y reste un an. Cette année-là, Victor Hugo est pensionnaire dans une institution religieuse de Madrid, le Collège des Nobles.

 

En mars 1812 ses parents se séparent et Sophie Hugo retourne vivre dans le quartier du Val de Grâce à Paris. De retour à Paris, Victor Hugo grandit auprès d’une mère tendre et assez libérale. Il s’adonne aux lettres et dès 1816, alors qu’il n’a que quatorze ans, qu’il note : “Je veux être Chateaubriand ou rien”.

 

En 1817, L’Académie, à l’occasion d’un concours qu’elle organise, est a deux doigts de lui décerner le prix; mais le titre du poème de Victor Hugo, Trois lustres à peine, suggérant trop le très jeune âge du poète, effraye les jurés. Le prix lui échappe. Deux ans après il se fiance secrètement, malgré la jalousie de son frère Eugène et contre l’avis de sa mère, avec Adèle Foucher, une amie d’enfance.

 

Le 9 mars 1820, Victor Hugo reçoit une pension de 2000 francs du roi Louis XVIII pour son Ode sur la Mort du Duc de Berry. L’année suivante Sophie Hugo, la mère de Victor Hugo, meurt le 27 juin. Moins d’un mois après, le 20 juillet, son père se remarie avec Catherine Thomas.

 

 

2) Du Cénacle à la Gloire (1822-1850)

En 1822, Victor Hugo publie ses premières Odes. Il épouse, le 12 octobre, Adèle Foucher, à Saint-Sulpice. Son frère Eugène ne s’en remettra pas. Il sombrera peu à peu dans la schizophrénie et il sera interné. L’année suivante, en juillet, naît le premier des cinq enfants qu’auront Victor et Adèle Hugo. Il s’appelle Léopold, comme son grand-père. Léopold meurt prématurément le 9 octobre. En mars 1824, Victor Hugo publie ses Nouvelles Odes. Un an après la mort de Léopold naît Léopoldine.

 

 

Victor Hugo est fait chevalier de la Légion d’Honneur, en 1825, et il devient chef de file d’un groupe de jeunes écrivains en créant le Cénacle. Il commence, en 1826, l’écriture de Cromwell, un drame en vers. Le 2 novembre naît Charles Hugo. Pendant ce même mois il publie ses Odes et Ballades. En décembre 1827, Hugo publie Cromwell. Dans la préface, qui est un véritable manifeste, il s’engage en faveur du romantisme contre le classicisme. C’est le début de son amitié avec Sainte-Beuve. L’année suivante prendra place la mort de son père, le 29 janvier. En octobre naît François-Victor Hugo.

 

En janvier et février 1829, publication des Orientales et du Dernier jour d’un condamnéEn août, sa pièce Marion De Lorme est censurée. En 1830, lors de la première représentation de Hernani, le 25 février, devant le public de la Comédie-Française, lutte mémorable entre les partisans du classicisme et les jeunes “crinières” du romantisme. Ces derniers remportent le succès par leurs applaudissements. Ils livrent chaque soir ce que l’on a appelé “la bataille d’Hernani”. Victor Hugo devient ainsi le chef de file de l’école romantique. Le 28 juillet naît Adèle Hugo. Après, on verra le début de l’idylle entre Adèle, l’épouse de Victor Hugo, et Sainte-Beuve.

 

 

 

1831

Le 15 mars, publication de son premier roman historique, Notre-Dame de Paris. La Révolution de 1830 permet à sa pièce, Marion de Lorme, d’être jouée à la Porte Saint-Martin . Elle remporte un assez grand succès. Le 24 novembre, Victor Hugo publie les Feuilles d’Automne.

1832

Ecriture de la pièce Le Roi s’amuse, et de Lucrèce Borgia. Le 22 novembre a lieu la première de Le Roi s’amuse. Lors de cette représentation au Thêatre-Français, c’est le scandale et la pièce sera interdite. Cette interdiction vaudra à Hugo de plaider lui-même lors d’un procès mémorable la cause de la liberté d’expression

1833

2 février, première de Lucrèce Borgia; pièce dans laquelle joue Juliette Drouet. Elle deviendra quelques semaines après la maîtresse de Victor Hugo et le restera jusqu’à sa mort.

Première de Marie Tudor le 6 novembre. Le rôle titre est interprété par Melle Georges, actrice favorite de Napoléon 1er.

1834

Fuite de Juliette Drouet en Bretagne. Victor Hugo la rejoint

1835

Ecriture d’Angelo dont la première a lieu le 28 avril. Rupture entre Victor Hugo et Sainte-Beuve. Le 26 octobre, publication des Chants du crépuscule

1836

Victor Hugo essuie ses deux premiers échecs à l’Académie française : le 18 février, elle lui préfère Dupaty et le 29 décembre, Mignet.

1837

Mort de son frère Eugène. Publication des Voix intérieures. Victor Hugo se rapproche de la famille royale d’Orléans et est fait Officier de la Légion d’Honneur.

1838

Première de Ruy Blas que Victor Hugo a écrit pour l’inauguration du Théâtre de la Renaissance. Lassé des querelles du Thêatre-Français, il espère bien faire du Théâtre de la Renaissance son théâtre privilégié.

1839

Voyage avec Juliette Drouet en Alsace, en Suisse et dans le sud-est de la France.

1840

Troisième échec à l’Académie Française.

Il assiste avec Juliette au retour des cendres de Napoléon.

1841

A sa quatrième tentative, Victor Hugo est élu à l’Académie Française. La réception a lieu le 3 juin.

1843

Sa fille Léopoldine épouse Charles Vacquerie.

Le 7 mars, première des Burgraves. La pièce qui est un échec marque la fin du rêve de Victor Hugo d’un théâtre qui soit à la fois ambitieux et populaire. Cet échec ainsi que les drames familiaux qui l’affectent, vont éloigner Victor Hugo du théâtre.

Le 4 septembre, Léopoldine et son époux se noient dans la Seine, à Villequier. Victor Hugo, alors dans les Pyrénées, l’apprend le 9 septembre par la lecture d’un journal. Il rentre à Paris le 12. Période deuil et de désespoir. Il arrête d’écrire pendant trois ans.

1845

Le 13 avril, Louis-Philippe signe le décret nommant Victor Hugo pair de France.

Liaison passionnée avec Léonie Biard auprès de laquelle il est surpris le 5 juillet en flagrant délit d’adultère. Scandale public. Léonie Biard est emprisonnée, tandis que son titre de pair de France vaut à Hugo d’échapper à la prison. Victor Hugo se fait oublier et commence à écrire les Misères, qui deviendront Les Misérables

1848

Le 4 juin, Victor Hugo est élu député. Le 20 juin, il prononce son premier discours à l’Assemblée 1er août. Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République.

1849

En juillet, Victor Hugo fait scandale à l’Assemblée en prononçant son discours sur la misère. Bien qu’ayant soutenu sa candidature l’année précédente, Il s’oppose à Louis-Napoléon qu’il considère comme un tyran. Il fuit en Belgique.

1850

Le 15 janvier, discours de Victor Hugo à l’Assemblée sur la liberté de l’enseignement, le suffrage universel et la liberté de la presse.

 

3) L’exil (1851-1870)

1851

En juillet, discours de Victor Hugo à l’Assemblée contre les projets de Louis Bonaparte. Fin juillet, Charles Hugo est écroué à la Conciergerie, en novembre, c’est le tour de François-Victor. Violemment opposé au coup d’État du 2 décembre 1851, il tente, en vain, d’organiser la résistance. Le 11 décembre au soir, muni d’un faux passeport, il prend le train pour Bruxelles. Son exil durera jusqu’à la chute de Napoléon III (1870).

1852

Début janvier, Louis-Napoléon Bonaparte signe le décret d’expulsion qui frappe Victor Hugo. Celui-ci lui répond en publiant en Août Napoléon le Petit. Le 5 août, Hugo arrive à Jersey et s’y installe.

1853

Il publie les Châtiments. Les 98 poèmes des Châtiments décrivent sa colère et son indignation suite au coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte.

1855

En octobre, les autorités de Jersey expulsent Victor Hugo. Il quitte Jersey pour Guernesey, une île plus petite et plus sauvage que Jersey.

Pendant quinze ans, Hugo restera en exil, écrivant des satires contre celui qu’il appelle “Napoléon le petit”. Mais c’est aussi l’époque où il produit ses plus grandes oeuvres : Les contemplations, La légende des siècles et Les misérables.

1856

En avril, publication des Comtemplations. Avec ses droits d’auteur, il achète Hauteville-House, une grande maison qui donne sur la mer . En décembre, Adèle, sa fille, qui supporte difficilement cet exil tombe gravement malade.

1858

Fin juin Victor Hugo tombe gravement malade. Pendant plus d’un mois il doit garder la chambre. Il ne sort, très affaibli, pour la première fois que le 4 août

1859

En Août Napoléon III accorde l’amnistie aux proscrits républicains. Victor Hugo se refuse pourtant à regagner la France. Il publie en septembre la Légende des siècles.

1861

En mars, pour la première fois, il quitte Guernesey pour se rendre en Belgique. Il termine Les Misérables. En septembre il regagne Guernesey sans son fils Charles qui préfère rester sur le continent.

1862

En avril paraît la première partie des Misérables paraît à Paris. Les deuxièmes et troisièmes parties paraîtront en juin.

1864

Publication de William Shakespeare.

1865

En janvier, mort de la fiancée de François-Victor. Sa mère et lui quittent Guernesey pour s’installer à Bruxelles. Mi-octobre, Victor Hugo assiste, à Bruxelles, au mariage de son fils Charles. Le 25 octobre a lieu le lancement des Chansons des rues et des bois. Le 30, il rentre à Guernesey.

1866

En mars, publication des Travailleurs de la mer, Mille francs de récompense, et l’Intervention .

1867

Le 31 mars, naissance de Georges Hugo à Bruxelles : Victor Hugo est grand-père pour la première fois.

1868

Mort de Georges, son petit fils, en mars. En août, mort d’Adèle Hugo, son épouse.

1869

En avril et en mai, publication des quatre tomes de l’Homme qui rit.

1870

Reprise, à Paris, en février, de Lucrèce Borgia.

Le 4 septembre, proclamation de la République. Le 5 septembre, Victor Hugo est accueilli triomphalement à Paris.

 

4) le retour triomphant (1871-1885)

1871

Tête de liste des républicains à Paris, Victor Hugo est élu député .En février il part avec sa famille pour Bordeaux, où va siéger l’Assemblée Nationale. Le 8 mars, il donne sa démission.

13 mars : mort subite, à Bordeaux, de Charles Hugo.

1872

En janvier, Victor Hugo est de nouveau battu aux élections. En février, sa fille Adèle, est internée à Saint-Mandé où elle mourra en 1915.

En août, Victor Hugo repart à Guernesey. Il y commence Quatre-Vingt-Treize.

1873

En décembre : mort de son second fils François-Victor.

1874

Publication de Quatre-Vingt-Treize et de Mes Fils.

1875

En juin, publication du premier volume d’Actes et Paroles (Avant l’exil). En novembre, publication du second volume d’Actes et Paroles (Pendant l’exil).

1876

En janvier, il est élu sénateur de Paris. Le 22 mai, il intervient au Sénat en faveur de l’amnistie des communards. En juillet, publication du troisième volume d’Actes et Paroles (Depuis l’exil).

1877

En février publication de la deuxième série de la Légende des Siècles et en mai de l’Art d’être grand-père. Le 10 octobre, publication de la première partie de l’Histoire d’un crime.

1878

En mars, publication de la deuxième partie de l’Histoire d’un crime et en avril, du Pape. Fin juin, Victor Hugo est victime d’une congestion cérébrale. Le 4 juillet, il part pour Guernesey et le 13 octobre, il fait une rechute. Le 9 novembre, il rentre à Paris et s’installe avenue d’Eylau, sa dernière demeure. Il va pratiquement cesser d’écrire

1879

En février, publication de la Pitié Suprême. Le 28 février, nouvelle intervention, au Sénat, en faveur de l’amnistie.

1880

Publication de Religions et religion (écrit en 1870).

1881

27 février. Un Immense hommage est rendu à Victor Hugo, le jour de son quatre-vingtième anniversaire. Six cent mille personnes, écoliers, ouvriers, parisiens de tous horizons défilent toute la journée sous ses fenêtres et laissent une avenue d’Eylau couverte de fleurs. L’avenue sera rebaptisée cette année- là, Avenue Victor Hugo

1883

Le 11 mai, mort de Juliette Drouet. En juin, publication du troisième Tome de la Légende des Siècles.

1885

Le vendredi 15 mai, il est victime d’une congestion pulmonaire. Il meurt le vendredi 22 mai. Le gouvernement décide de funérailles nationales. Le 1er juin, une foule immense lui rend hommage en criant  “Vive Victor Hugo”

 

  

…Devenir trop rationnelle est comme mourir. On ne peut pas retourner en vie. De la même façon, on ne peut pas devenir “émotionnelle”. Jamais. On devient des êtres analytiques, tout le temps, et c’est une souffrance sans fin. Puisque on se méfie de tout et de tous. Et on ne réussi pas à changer, pour plus que l’on s’efforce de regarder les choses d’une façon plus romantique. Il m’est impossible.

 

 

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…De tout ce que je pense à propos de la construction du schèma… L’amour. Les trois points du triangle. Moi, toi, nous. Bien sûr, je ne voulais pas le dire exprès, mais c’était presque…

Peut-être j’ai eu tort de ne le pas faire. Toi, tu as dit “moi, vous, nous”. Vous? À qui cette métaphore-ci?

…Ah, comment je veux te le dire, mais je n’ai pas de mots…

Eustáquio Neves

CP0298
06-1996

  • Série Caos Urbano, 1995
  • gelatina / prata tonalizada
  • 22,8 x 27,7 cm (27,8 x 35,2 cm)
  • montagem

 

Η Επαφή Εκεί δεν έχει αφή, δεν έχει σώμα ούτε ψυχή

Επαφή δεν έχει εκεί, ούτε φιλί ούτε μουσική…

 

Cela veut dire, en bon Français,

“Le Contact 

Il n’y a pas de touche, ni de corps ou d’âme 
Le contact n’a pas été là, ni la musique, ni le baiser…”

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Ma pauvre soeur… Elle n’a pas réussi l’examen qu’elle a passé. Elle l’a raté d’une façon, je pense, lamentable, mais c’était pas de sa faute. L’examen, en fait, était très difficile, même pour des adultes.

Ça me fait pitié, la pauvre. Il faut que je soit douce…

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Un petit hommage à ma tati Céline. C’est toujours triste de savoir que notre famille perd un membre…

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Est-ce que c’est vrai? Ce que je pense à ce propos… Un nouveu temps… Ou peut-être le quotidien maquillé pour faire semblant d’être plus acceptable? Il y a beaucoup de questions dont je ne me permets pas échapper.

En fait, qu’est-ce qu’un autre temps? Les vacances? Le temps que je passerai éloignée de ma soeur, de mes amis – puisqu’ils sortiront tous en voyage – ou quoi?

C’est bizarre. Je ne sais pas comment répondre à cette question bête. Peut-être elle n’est pas assez bête comme je pense…

Super! Je dois la garder!

* Pai Nox que estais nos sais
Balanceada seja a vossa nomenclatura
Venha a nox o vosso rênio
Periódica seja a vossa vontade
Assim no ferro como no sal.

O pão nox de cada dia nos boroso
Oxidai nossa valência
Assim como oxidamos a quem nos tem Anidrido
Não nos deixeis cair em oxi-redução
E livrai-nos do sal.

Ametal. *

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“Eu tenho que entrar pelos caminhos ‘ferrados’ de ‘eu mesmo’.” (Jô Soares, habillé en ange fou, dans mon rêve du 30 décembre 2008).

“Feliciline-se” – dans le même rêve.

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